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Les fermes dispersées sont ici !
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la fauche mécanisée : le tracteur forme les andains
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contraste entre un pré paturé et un pré de fauche
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une ferme et son extension, la stabulation
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de ferme en ferme, un camion citerne collecte le lait
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ce cerisier mourant va t'il être remplacé ?
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deux parcelles de résineux au milieu des paturâges
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Le paysage des fermes d’aujourd’hui : fruit de la spécialisation laitière

La mécanisation

La mécanisation qui commence dans les années 1930 et se généralise dans les années 1950 a favorisé une mutation des exploitations. Cette révolution a constitué un levier de progrès et de développement des systèmes de production laitière, entre autre dans les zones difficiles de montagne et de petites exploitations, où elle fut bien accueillie par la génération de jeunes éleveurs dynamiques de cette époque qui prend le virage du tout laitier. Les fermes qui investissent alors dans des nouveaux batiments et des machines agricoles ont pu ensuite s’agrandir et subsister. L’utilisation des machines facilite le travail, ne demande plus autant de temps ni de main d’œuvre qu’autrefois, lorsque tout se faisait à la main : fenaison, traite, labour. En contrepartie, tout une partie de l'espace agricole non mécanisable est moins mis en valeur: enfrichement des talus et secteurs pentus, mini réseaux d'irrigation abandonnés, fruitiers arrachés, plantation de résineux dans les prés encouragée par une incitation fiscale dans le années 60.
Ces phénomènes expliquent l’augmentation de la taille moyenne des exploitations qui depuis 1980 est passé de 14 ha à 57 ha. Ceci s’accompagne de la diminution du nombre d’exploitations : pendant que certaines s’agrandissent et subsistent, d’autres s’arrêtent.
Dans le paysage, le passage à la mécanisation se traduit par la disparition d’arbres isolés qui gênent le passage des machines agricoles et par l’abandon des prairies trop pentues pour l’utilisation des machines.
La fauche mécanisée et le pressage en balle rondes des fourrages récoltés produit les paysages éphémères de balles de foin ou d'ensilage d'herbe qui ponctuent les prés. L'emballage des balles dans des rubans plastiques  permet la production printanière d'ensilage d'herbe ou de stocker le fourrage à l'abri, même en dehors des batiments !

 

L’élevage pour la production de lait

Pour pouvoir subsister, les fermes se sont spécialisées dans la production laitière.
Les troupeaux et les surfaces herbagères des exploitations sont aujourd’hui bien plus importants qu’autrefois.
Les terres sont aujourd’hui toujours en herbe, il n’y a plus de labours.
Une partie du troupeau est constitué de vaches laitières, l’autre de génisses. La race laitière la plus répandue dans la vallée est la Holstein aux dépens de la Vosgienne, une race rustique mais moins productive.
L’été, une partie des prés de l’exploitation est pâturée tandis que l’autre partie est fauchée pour les stocks d’hiver. Les vaches vont pâturer aux abords des fermes et rentrent le plus souvent à l’étable le soir, pour la traite. En hiver, les vaches restent en stabulation, c'est-à-dire à l’étable près de 6 mois. La stabulation, construite à côté de la ferme, est plus grande et plus moderne que l’étable traditionnelle.

 

La collecte du lait

Le lait est majoritairement collecté par une coopérative laitière et transformé en laiterie. En plus de la production de lait, certaines exploitations continuent à transformer directement une partie de leur lait et à produire leurs fromages à la ferme, comme le Munster Géromé (AOC) qui fait la réputation de la région.
Depuis les années 80, un important réseau de chemins ruraux a été goudronné : cette transformation a permis en grande partie le maintien de l’agriculture de montagne. En effet, en reliant les fermes entre elles, les routes facilitent la collecte du lait en permettant au camion laitier de venir chercher le lait jusqu’à chaque ferme. Le "froid" à la ferme offre également la possibilité de conserver le lait dans des tanks réfrigérés pour ne le collecter que tous les deux jours, ce que le raffraichissement traditionnel des bidons de lait dans les fontaines ne permettait pas.

 

La transformation des fermes en habitations

Aujourd’hui, beaucoup de fermes ont perdu leur fonction agricole et deviennent habitat ou résidence secondaire. En effet, le cadre de vie agréable attire les gens qui viennent alors habiter à la campagne, sans toujours en mesurer les contraintes.

 

Le vieillissement des vergers et des murets

Aujourd’hui, les vergers vieillissent, ils ne sont plus autant exploités qu’autrefois. Les grands fruitiers arrivent en fin de vie et ne sont pas remplacés sauf lorsqu'une volonté locale prend conscience de la valeur paysagère des vergers, du patrimoine génétique des variétés anciennes sélectionnées localement et propose de valoriser les fruits en ouvrant un pressoir associatif, comme c'est le cas à l''atelier de jus de fruits de Lapoutroie.
De même, les murets de pierres sèches qui font partie du patrimoine paysager, ne sont plus entretenus. Ils s’enfrichent et s’écroulent.

 

L’enrésinement

De nombreuses parcelles géométriques plantées au cordeau d'épicéas et autres résineux ponctuent le paysage (micro-boisements ). Plantées il y a quelques années en pleine déprise agricole, elles ont été favorisées par une incitation fiscale (éxonération de taxe foncière). Le paysage qu’elles produisent ne correspond ni à l’activité agricole ni à l’image des paysages de prairie de montagnes. Les microboisements sont déconnectées de leur environnement, assombrissent et ferment certains points de vue, dégradent les cours d'eau qu'ils bordent.

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